Guides

L’ostéodensitométrie pendant l’hormonothérapie du cancer de la prostate

L’hormonothérapie, ou traitement de privation androgénique, freine l’action de la testostérone afin de contrôler le cancer de la prostate. Cette baisse hormonale peut toutefois accélérer la perte de masse osseuse et augmenter le risque d’ostéopénie, d’ostéoporose et de fracture. Le suivi du squelette fait donc partie des soins à long terme.

L’ostéodensitométrie, souvent appelée DEXA ou DXA, mesure la densité minérale osseuse, généralement au niveau de la hanche et de la colonne vertébrale. Elle ne recherche pas des métastases osseuses et ne remplace pas les examens d’imagerie prescrits dans ce contexte. Son rôle est d’évaluer la solidité des os et l’évolution du risque fracturaire.

La décision de réaliser cet examen dépend du type et de la durée de l’hormonothérapie, de l’âge, des antécédents de fracture, des autres maladies et des traitements associés. Une information claire aide à discuter avec l’équipe soignante du calendrier des examens et des mesures de prévention adaptées.

Pourquoi les os sont-ils surveillés sous hormonothérapie ?

Les androgènes participent au maintien de l’équilibre osseux. Lorsque leur effet est supprimé, le renouvellement de l’os peut devenir défavorable : la résorption osseuse augmente, tandis que la reconstruction ralentit. Cette évolution est parfois silencieuse et ne provoque aucun symptôme avant une fracture.

Le risque varie selon les personnes. Il peut être plus important en cas d’âge avancé, de faible poids, de tabagisme, de consommation élevée d’alcool, de sédentarité, de carence en vitamine D, d’insuffisance rénale ou de prise prolongée de corticoïdes. Une fracture vertébrale ancienne, même passée inaperçue, constitue également un élément important à signaler.

Les ressources d’informations médicales peuvent aider à préparer un échange avec l’oncologue, l’urologue ou le médecin traitant. Le patient doit notamment mentionner ses fractures antérieures, ses traitements et ses difficultés à marcher ou à faire de l’exercice.

Ce que mesure réellement la DEXA

L’ostéodensitométrie est un examen rapide, indolore et peu irradiant. Le patient reste allongé pendant que l’appareil analyse certaines zones osseuses. Le résultat comporte habituellement un T-score, qui compare la densité mesurée à celle d’un adulte jeune de référence, ainsi qu’un Z-score, davantage utilisé pour comparer le résultat à celui de personnes du même âge.

Chez l’homme, un T-score supérieur ou égal à -1 est généralement considéré comme normal. Entre -1 et -2,5, il évoque une ostéopénie, c’est-à-dire une diminution de la densité osseuse. En dessous de -2,5, il correspond à une ostéoporose. Ces seuils ne suffisent toutefois pas à eux seuls pour décider d’un traitement.

Le médecin peut aussi estimer le risque global de fracture à l’aide de l’outil FRAX, en tenant compte de l’âge, des antécédents et de plusieurs facteurs cliniques. Une densité osseuse modérément réduite peut s’accompagner d’un risque élevé, tandis qu’une valeur basse doit être interprétée avec le contexte médical.

Quand réaliser l’examen et comment suivre l’évolution ?

Une DEXA de référence peut être proposée au début d’une hormonothérapie appelée à durer, surtout lorsque le patient présente déjà des facteurs de risque. Elle fournit un point de comparaison avant ou au commencement du traitement. Si l’examen est normal et le risque faible, une surveillance espacée peut être suffisante.

La répétition de la mesure n’obéit pas à un calendrier identique pour tous. Elle dépend du résultat initial, de la durée de la suppression androgénique, de l’évolution du poids, d’une fracture éventuelle et des décisions thérapeutiques. Un contrôle trop rapproché peut être peu informatif, car les variations doivent dépasser la marge d’erreur de la technique pour être interprétées comme une véritable évolution.

Le compte rendu doit donc être lu avec le médecin, en comparant si possible les examens réalisés dans le même centre et avec un appareil identique. Une baisse de densité ne signifie pas automatiquement qu’il faut interrompre l’hormonothérapie contre le cancer. Elle peut conduire à renforcer la prévention ou à discuter un médicament protecteur des os.

Les mesures qui protègent le capital osseux

L’activité physique régulière joue un rôle central. La marche soutenue, les exercices de renforcement musculaire et le travail de l’équilibre peuvent contribuer à préserver les muscles, la mobilité et la solidité osseuse. Le programme doit être adapté à l’état général, aux douleurs, aux métastases éventuelles et aux capacités de chacun.

L’alimentation doit apporter suffisamment de protéines, de calcium et de vitamine D. Une supplémentation ne doit pas être prise systématiquement sans évaluation, car les besoins et les risques varient, notamment en cas de maladie rénale ou de calculs urinaires. Les ateliers et conseils autour de l’alimentation pendant les traitements, comme ces ateliers cuisine, peuvent rendre ces recommandations plus concrètes.

Il est également utile de limiter le tabac et l’alcool, de prévenir les chutes à domicile et de corriger les troubles de la vue ou de l’équilibre. Toute douleur dorsale brutale, perte de taille, difficulté nouvelle à marcher ou chute doit être signalée rapidement, sans attendre le prochain rendez-vous.

Les traitements en cas de risque élevé

Lorsque le risque de fracture est important, l’équipe peut discuter un traitement anti-résorptif, comme un bisphosphonate ou le dénosumab. Le choix dépend de la densité osseuse, des fractures, de la fonction rénale, de l’état dentaire, des autres traitements et du risque de complications. Ces médicaments nécessitent un suivi médical précis.

Avant certains traitements, un bilan dentaire peut être recommandé afin de limiter les complications rares touchant l’os de la mâchoire. Le patient doit signaler toute infection dentaire, extraction prévue ou douleur buccale. Avec le dénosumab, le respect du calendrier des injections et l’organisation d’un relais médical si le traitement est arrêté sont particulièrement importants.

Le suivi ne se résume donc pas à un chiffre de DEXA. Il associe l’évaluation du risque de fracture, la prévention des chutes, la nutrition, l’exercice, les examens biologiques si nécessaire et la réévaluation des traitements. Les échanges avec des personnes concernées et les ressources de l’association de patients peuvent aussi aider à mieux comprendre ce parcours.

Les éléments à préparer avant le rendez-vous

Les points à vérifier dans le suivi

L’ostéodensitométrie fournit un repère utile pour anticiper la fragilisation du squelette sous hormonothérapie. Elle prend tout son sens lorsqu’elle est interprétée avec les antécédents, les traitements et le risque global de fracture. À retenir : protéger les os commence par une évaluation personnalisée, puis par un suivi régulier associant mouvement, alimentation, prévention des chutes et décisions médicales partagées.