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TOUS CANCERS

Dépistage, récidives :

de nouveaux tests sont à l’essai.


Sein, prostate, côlon, poumon totalisent plus de la moitié des cancers chaque année en France. Des recherches prometteuses sont en cours...



PROSTATE

Une protéine ouvre la voie au dépistage précoce

Facilement dosable dans les urines, la sarcosine, cette protéine récemment identifiée (Nature, février 2008), permettrait de distinguer très précocement une simple hypertrophie de la prostate caractéristique d'un cancer.

Cette découverte majeure d'une équipe américaine de l'université d'Ann Arbor, dans le Michigan, pourrait ouvrir la voie à un test. Une aide considérable pour les médecins qui n'ont à leur disposition aujourd'hui que trois outils de dépistage qui - même associés - ne permettent pas de poser un diagnostic avec certitude : le toucher rectal n'a pas de valeur prédictive suffisante, le dosage de l'antigène prostatique spécifique (PSA) manque de précision et les biopsies demeurent parfois muettes.

De plus, une étude (*) a démontré qu'un taux de PSA inférieur à 4 ng/ml, considéré comme normal, n'excluait pas la présence d'un cancer parfois évolué.


Un test urinaire aujourd'hui disponible évite les biopsies à répétition

Mis au point voici quelques mois, un test urinaire est disponible pour les personnes dont les dosages de PSA sont anormaux ou pour qui le doute persiste, malgré des biopsies négatives (lire ci-dessus).

Progensa PCA3 permet de «détecter des cellules tumorales», détaille le Dr Alexandre de la Taille, urologue à l'hôpital Henri-Mondor (Créteil, Val-de-Marne). Le test se pratique sur les urines après un toucher rectal «appuyé», qui permet un massage de la glande prostatique et donc une mobilisation mécanique des cellules ensuite évacuées dans les urines. Le test détecte un ARN messager spécifique des cellules cancéreuses, le PCA3.

«Cela nous permet d'éviter de répéter des biopsies et, par le calcul d'un score, de prédire l'agressivité de la tumeur éventuelle», poursuit le Dr de la Taille. Mais il n'est disponible que dans deux laboratoires en France et son coût de 300 Euros, non remboursés, limite son utilisation. Un autre test expérimental, proposé voici un an par l'université américaine du Michigan, a déjà fait couler beaucoup d'encre (*). Il combine la détection de quatre gènes, dont le PCA3, et permettrait d'obtenir une valeur prédictive positive d'environ 80%.



SEIN


La piste de l'analyse salivaire

Et pourquoi le dentiste ne prélèverait-il pas quelques gouttes de salive de ses patientes afin de dépister un éventuel cancer du sein ?

L'équipe de Charles Streckfus, du Dental Branch de l'université de Houston (Texas, Etats-Unis), a publié (*) les analyses d'échantillons de salive de 30 personnes. Résultat : 49 protéines différenciant les femmes témoins de celles porteuses de tumeurs bénignes ou malignes ont été identifiées.

Au Canada, le Women's College Hospital (Toronto) a mené des recherches similaires en lançant l'été dernier un programme de dépistage salivaire réservé aux femmes appartenant à des familles à risque.

Les analyses sont en cours. D'autres équipes, comme celle de Marsha Moses du Children's Hospital de Boston (Etats-Unis), travaillent depuis des années à l'élaboration de tests sanguins ou urinaires. Avec, pour objectif, des applications concrètes d'ici à 5-10 ans.


Deux tests prévoient les éventuelles rechutes

Des tests de théranostique, prévoyant les récidives et évitant les chimiothérapies inutiles, sont disponibles. Le premier, MammaPrint, a été mis au point au NKI (Institut néerlandais du cancer, Amsterdam) (voir Sciences et Avenir N° 685, mars 2004). Il prédit la récidive d'une tumeur grâce à une puce ADN d'environ 70 gènes. Surnommé «la signature d'Amsterdam», ce test a été approuvé en 2007 aux Etats-Unis par la Federal Drug Administration.

 Lors de l'intervention «le chirurgien prélève un échantillon de tissu cancéreux puis le congèle à -30 C pour l'analyser», détaille le Dr Paul Cottu (Institut Curie, Paris). Un autre test, Oncotype, est également arrivé sur le marché. Il analyse une autre signature génétique, soit une vingtaine de gènes. «Il est de maniement plus facile que son concurrent car réutilisable sur de simples coupes de tissu fixées dans la paraffine sans nécessité de congélation immédiate», note le Pr Bellet.

Aux Etats-Unis, il a déjà été prescrit par plus de 6000 médecins à plus de 33 000 femmes. Deux études sont en cours pour départager les deux tests en termes d'efficacité. Résultats attendus en 2011-2012. D'autres travaux récents, menés au Canada, s'intéressent quant à eux à la protéine ARF1, présente dans le sang, et qui pourrait constituer un marqueur de l'agressivité de la tumeur (voir Sciences et Avenir n° 745, mars 2009). A suivre.



COLON


La génétique moléculaire permet d'écarter les chimiothérapies inutiles

Afin d'éviter de lourdes chimiothérapies inutiles, il est désormais possible de traiter uniquement les malades pouvant réagir positivement aux traitements grâce à une étude de leurs gènes.

En pratique, les anatomopathologistes recherchent une mutation génétique en analysant un fragment de tumeur prélevé au cours d'une intervention chirurgicale. Les résultats de cette technique ont été présentés au printemps dernier à Chicago, aux Etats-Unis, lors du congrès international de l'American Society of Clinical Oncology.

Dans la foulée, l'Agence européenne du médicament a émis des recommandations strictes d'utilisation pour deux médicaments, le panitunumab et le cetuximab, «qui ne doivent être prescrits que chez des patients dont la tumeur exprime la forme non mutée d'un gène dit KRAS», précise le Pr Bellet. Soit 60% des malades. «Désormais, ce test est un véritable prérequis», note le Dr William Jacot, oncologue à l'hôpital Arnaud-de-Villeneuve, à Montpellier. Mais là encore, tout est allé trop vite. «Car ces médicaments ont obtenu leur autorisation de mise sur le marché avant que le test de dépistage de la mutation ne soit disponible en routine», remarque le Pr Dominique Bellet. Après quelques semaines de confusion, tout est rentré dans l'ordre. L'Inca a débloqué deux millions d'euros pour que le test, disponible dans la trentaine de plates-formes hospitalières de génétique moléculaire des cancers que compte la France, soit effectué gratuitement chez tout nouveau patient atteint d'un cancer métastatique.

Par ailleurs, le groupe Agendia, qui commercialise le test MammaPrint pour le cancer du sein (lire p. 59) prévoit déjà un équivalent pour le côlon, le ColoPrint : ce test permettrait de détecter précocement les récidives chez un malade traité, avant même les coloscopies de contrôle. A suivre.


Une analyse à domicile pour les plus de 50 ans

«Le plus souvent, un cancer colorectal dépisté à temps n'est pas méchant», affirme la campagne de dépistage lancée à l'automne par l'Inca (Institut national du cancer) chez les personnes de 50 à 74 ans, soit 16 millions de personnes en France. Or seul un cancer sur cinq est diagnostiqué à un stade précoce ! Il y a donc urgence à réduire la mortalité pour ce cancer, seconde cause de décès après celui du poumon. D'où l'intérêt de rechercher du sang dans les selles grâce à un test gratuit réalisé à domicile tous les deux ans. En cas de positivité, une coloscopie s'impose pour rechercher la cause du saignement. Mais la campagne peine à démarrer. Pour diminuer la mortalité de 20%, il faudrait une participation de 50%, or seuls cinq départements atteignent ce score. En janvier un nouveau test immunologique, plus sensible, a remplacé l'ancien test Hemoccult (lire Sciences et Avenir n° 734, avril 2008).



POUMON


Une simple prise de sang va-t-elle remplacer le scanner ?

On dépistera peut-être prochainement le cancer du poumon dans le sang. C'est en tout cas la piste très innovante suivie par des chercheurs de Pennsylvanie et présentée en mai dernier au congrès de l'American Thoracic Society pour faire face à cette tumeur qui tue 800 000 personnes dans le monde chaque année.

Aucun test de dépistage n'existe en effet à ce jour. De plus, seules 30% des tumeurs détectées à un stade précoces sont opérables. Car le seul outil disponible, le scanner ne dépiste que les nodules pulmonaires d'une taille suffisante. L'originalité des recherches du Pr Anil Vachani réside dans le marqueur utilisé. Au contraire d'équipes, comme celle du Dr William Jacot, de l'hôpital Arnaud-de-Villeneuve à Montpellier, il n'a pas suivi la voie - pour l'instant sans issue - des protéines sécrétées par la tumeur, mais a choisi les globules blancs. Certains d'entre eux, les lymphocytes, sont en effet les premiers à s'attaquer à la tumeur dès qu'elle se développe dans l'organisme. Des gènes présents sur ces lymphocytes indiqueraient avec précision l'existence d'une tumeur. Par le biais de puces ADN, les chercheurs ont étudié les gènes exprimés par les globules blancs de deux groupes de 44 patients, le premier étant constitué de malades détectés précocement, le second formant un groupe témoin. Ils ont ainsi pu établir avec une précision de 87% une combinaison de plusieurs gènes révélatrice de la présence d'une tumeur.

Reste à vérifier si ce profil génétique est commun à d'autres cancers. Un travail qui prendra plusieurs années. Autre piste : celle de l'air expiré par les malades.

L'équipe du Dr Michael Philips, dans le New Jersey, en a identifié certains composants. L'étude, qui a bénéficié d'un financement de 3 millions de dollars des National Institutes of Health, doit se poursuivre encore trois ans avant de démontrer que ce dépistage original a un réel impact sur la mortalité.


Une chimiothérapie sur mesure est à l'étude

L'essai Taste (Tailored Post Surgical Therapy in Early Stage), démarré cette année, est le premier essai clinique français mené pour un certain type de cancer, dit «non à petites cellules». Il va comparer l'efficacité de traitements standards à une chimiothérapie individualisée en fonction de l'analyse de génétique moléculaire de la tumeur retirée par le chirurgien. Coordonné par l'Institut Gustave-Roussy de Villejuif (Val-de-Marne), l'essai va suivre 600 patients pendant trois ans.


(*) Cancer Investigation, janvier 2008.


 

SEIN 50 000 nouveaux cas par an en France

12 000 morts par an - 80% de taux de - survie à 5 ans

 

PROSTATE 62 200 nouveaux cas par an en France (72 000 en 2009)

10 000 morts par an - 73% de taux de survie à 5 ans

 

COLON 37 400 nouveaux cas par an en France

16 500 morts par an - 60% de taux de survie à 5 ans


POUMON 30 000 nouveaux cas par an en France

27 500 morts par an - 10% de taux de survie à 5 ans

 

Sylvie Riou-Milliot - Sciences et Avenir - Juin 2009 - Nº748

Nouveaux tests de dépistage tous cancers

Création: Jean Frichet - Réalisation: Jacques Stevens

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