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Les écarts de mortalité en fonction des catégories socio-professionnelles se sont même creusés ces vingt-cinq dernières années.

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Ouvriers et cadres seront-ils un jour égaux devant les cancers ?

Le taux de survie à ces maladies dans le nord de la France pourra-t-il être abaissé au niveau de celui des départements du Sud ?

La lutte contre les inégalités, en particulier dans le domaine de la prévention et du dépistage, s'annonce en tout cas comme un des enjeux majeurs du plan cancer 2009-2013. Ce sera la «toile de fond» de ce nouveau plan, estimait, il y a quelques semaines, le Pr Dominique Maraninchi, président de l'Institut national du cancer (Inca), lors des premières rencontres annuelles organisées par cette institution.

Il faut «cibler des ressources supplémentaires vers les territoires les plus touchés par le cancer et vers les populations les plus vulnérables», écrit le Pr Jean-Pierre Grünfeld dans ses recommandations pour le prochain plan 2009-2013, remises en février dernier au président de la République.

Le rapport préconise aussi d' «amplifier et adapter les actions de prévention de proximité ciblées».

Le défi est de taille.

Les inégalités socio-économiques devant la santé, phénomène connu depuis le XVIIIe siècle, sont particulièrement fortes dans le domaine du cancer.

Pire, elles s'aggravent. «Les écarts de mortalité en fonction de la catégorie sociale se sont même creusés, tant pour les hommes que pour les femmes françaises, au cours du dernier quart du XXe siècle», notent l'économiste Jean-Paul Moatti (université d'Aix-Marseille) et ses collègues dans l'ouvrage La Vie deux ans après le diagnostic de cancer (La Documentation française, 2008).


«En amont du système de soins»

Les chiffres sont édifiants : le risque de décéder d'un cancer entre 30 et 65 ans est globalement deux fois supérieur chez les ouvriers que chez les cadres et les professions libérales.

 Chez les hommes, les tumeurs des voies aérodigestives supérieures (bouche, pharynx, larynx), des poumons et de l'œsophage sont les principaux contributeurs aux inégalités sociales de mortalité par cancer.

Pour les spécialistes, ce constat s'explique en bonne partie par les principaux facteurs de risque de ces tumeurs, telle la consommation de tabac et d'alcool, inégalement distribués socialement. Le niveau socio-économique semble en revanche sans influence dans d'autres cancers (côlon, pancréas, vessie, rein…). Pour le sexe féminin, les différences sont nettement moins marquées.

«Les principales inégalités sociales en matière de cancer se situent en amont du système de soins, insiste le Pr Jean-Paul Moatti. Une fois le diagnostic posé, tous les individus ont à peu près les mêmes chances d'avoir accès aux bons traitements. C'est une différence fondamentale avec les pays qui n'ont pas de système de couverture sociale universelle.»

Le Pr Guy Launoy (Caen), dont l'équipe Inserm, Cancer et populations, mène également des études pour décrypter les mécanismes de ces inégalités, a une approche un peu différente. «Concernant les risques de cancer, le poids des inégalités est variable selon la localisation de la tumeur, confirme-t-il. En revanche, quand le cancer est là, ce sont toujours les personnes isolées socialement ou géographiquement qui ont le pire pronostic.» Ainsi, le fait d'habiter à plus de 50 km d'un centre de référence pour le cancer divise par deux la probabilité d'être pris en charge à cet endroit, indique Guy Launoy. En clair, ces patients sont suivis dans des services peu spécialisés en cancérologie, ce qui au final peut diminuer leurs chances de survie.

Les travaux de Guy Launoy montrent aussi clairement l'existence d'un gradient social concernant le dépistage. Pour ce chercheur, il faut démultiplier l'offre de dépistage et la personnaliser pour toucher les populations les moins favorisées. «Une des pistes que nous évaluons dans cinq départements consiste à inclure des assistantes sociales dans les programmes de dépistage des cancers du sein et du côlon», expose-t-il.

Au-delà de la prévention et du dépistage, le plan cancer devra aussi prendre à bras-le-corps d'autres inégalités, celles que doivent affronter les patients dans leur vie quotidienne et professionnelle après le traitement. La probabilité de reprise d'activité et sa rapidité dans les deux ans qui suivent le diagnostic sont plus élevées chez les artisans commerçants, chefs d'entreprise, professions libérales et les hommes en général que chez les ouvriers et les femmes en situation précaire, note ainsi une enquête de Jean-Paul Moatti.


Sans compter les discriminations que subissent les anciens malades sur le plan de l'accès aux assurances et aux prêts.



Il faut préciser :

Il est des chiffres connus auxquels on ne fait même plus attention, tels ceux concernant les cancers professionnels de la région Rouennaise.

Le Havre, La région Rouennaise, Gaillon… ou pullulent les entreprises classées SEVESO employaient en 2005 3 ,1 % des effectifs salariés Français et totalisaient 11 % des cancers indemnisés au titre de maladies professionnelles au niveau national !

Est-ce pour cela que les gens changent de métier ? Ou qu’ils déménagent ?

Edifiant… même si nous le savons tous !


Le cancer prospère sur le terreau des inégalités



Par Sandrine Cabut - Le Figaro .fr - 02/11/2009

Cancer et inégalités sociales

Création: Jean Frichet - Réalisation: Jacques Stevens

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