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Entretien avec un urologue-chirurgien revenu du robot Da Vinci


le 26-11-2011



Je me suis entretenu avec un urologue pratiquant l’ablation de la prostate depuis 25 ans, passé de l’opération à ventre ouvert à celle sous cœlioscopie manuelle, puis, dernièrement, à la cœlioscopie assistée par robot puisque la clinique dans laquelle il officie à fait cette acquisition.

Après 1 an de pratique robotique, cet urologue chirurgien est revenu à la technique d’ablation coelioscopique manuelle pour différentes raisons.

Voici ce qu’il m’a dit :


Durée de l’opération : si le chirurgien a un meilleur confort puisqu’il opère assis, le temps d’intervention est beaucoup plus long et le fait de ne pas avoir de retour de force dans les instruments amène une fatigue nerveuse identique. Il existe des robots synergiques (sensibles au toucher) mais pas dans cette application.

Ce chirurgien m’a dit avoir une durée moyenne d’intervention de 1 heure 15 en manuel et de près de 3 heures sous robotique, notamment à cause du temps de changement des instruments au bout des bras du robot. Il y aussi une plus grande complexité de mouvements pour l’opérateur.


Résultats sur les plans urinaires et érectiles : pour lui, les résultats sont identiques. Ceci est d’ailleurs confirmé aujourd’hui par de nombreux urologues.


Déception des malades : de nombreux établissements de soins laissent entendre dans leur communication que la conservation érectile est quasiment assurée avec le robot. Comme il n’en est rien, les malades sont déçus et cette déception amène un ressentiment envers celui qui les a opérés (quelle que soit l’honnêteté de son discours).


Coût de l’opération : la plupart des établissements demandent une participation (de 300 à 1500 € selon nos connaissances) aux frais élevés engendrés par l’utilisation du robot et de plus en de malades refusent ou ne peuvent se permettre ce débours.

Cette médecine à vitesse variable ne plaisait pas à notre chirurgien.


Je me suis déjà élevé contre ces pratiques commerciales mensongères uniquement destinées à rentabiliser un investissement d’environ 1,5 millions d’euros. Cliniques privées ou établissements publics, je conserve des communiqués de presse qui ne sont pas à leur honneur.

Le robot Da Vinci est une aide à la prostatectomie radicale mais n’est pas une fin en soi.

Certes la pratique sous endoscopie ne nécessitant que de petites ouvertures pour faire passer les outils diminue le stress du patient et permet une plus rapide récupération du fait de la faible cicatrisation. Est-ce suffisant pour choisir cette méthode ?

La qualité de l’opération dépendra toujours de l’homme qui est aux commandes et le malade n’a pas à être ponctionné financièrement pour satisfaire des investissements parfois réalisés dans des buts promotionnels.


42 robots Da Vinci étaient installés en France en mars 2011, pour satisfaire en chirurgie urologique certes, mais aussi en chirurgie digestive, chirurgie cardiaque, chirurgie endocrinienne, ORL, chirurgie pédiatrique, chirurgie vasculaire… des applications semblerait-il plus justifiées.


Ne vous laissez pas attirer par les sirènes commerciales, que ce soit d’ailleurs en matière de santé ou d’autre chose. Nous vivons une époque ou seule la rentabilité compte et les entreprises ne reculent devant aucuns moyens pour y parvenir. Parfois au détriment de toute honnêteté !


Cet urologue n’a pas voulu être cité.


Jean FRICHET

Création: Jean Frichet - Réalisation: Jacques Stevens

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