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Le cancer de la prostate et l’homme jeune.

Incidence sur la vie couple ? Quelles aides ?



Aujourd’hui, des hommes très jeunes sont touchés par le cancer de la prostate.

Mes rencontres me donnent à penser que la moyenne d’âge des hommes touchés par ce fléau est de 60 ans. Cela voudrait donc dire qu’il y en a beaucoup dans la cinquantaine et à notre époque ou la moyenne de vie d’un homme en France est estimée à 77,6 ans, c’est très jeune, tant du point de vue de la maladie que de ses conséquences post-traitements.


Si les pronostics sont bons pour les tumeurs intra prostatiques décelées tôt, il ne faut pas oublier l’impact psychologique causé par l’annonce d’une maladie, le cancer, qui dans les esprits est encore trop souvent synonyme de mort alors que 80 % des malades en sortent guéris. Plus l’homme est jeune, plus cette annonce sera perçue comme un frein à la vie et à terme la constatation des dégâts post-traitements n’améliorera pas cet état.


Après le choc de l’annonce, d’autant plus difficile à encaisser pour l’homme qu’il n’y est absolument pas préparé, quel que soit son âge d’ailleurs, il y a aussi la sortie des traitements lourds qui donnent au malade le sentiment d’être abandonné après une période de prise en charge humainement encadrée et faite d’attentions soutenues. Et brutalement le malade se retrouve seul ! Une solitude en forme d’abandon du corps médical, celui qui donne l’espérance et assure un partage des angoisses.

Même si l’on est seul la nuit dans un lit d’hôpital, on sait qu’au matin infirmières et médecins seront à nouveau présents pour prodiguer soins et paroles apaisantes. Mais quand est-il une fois rentré chez soi malgré la présence de sa famille (si l’on en a…) ?


Voilà que surviennent ensuite les conséquences des traitements, immédiatement en ce qui concerne l’ablation de la prostate, plus tardivement pour ce qui est de la radiothérapie ou de l’hormonothérapie.

Comment vivre à 55 ans une perte d’érection, pour quasiment tous les opérés, pouvant en plus être aggravée par des pertes urinaires ? Comment réagir en constatant très souvent un retrait dimensionnel du pénis pour cause de sectionnement de multiples petits nerfs et vaisseaux ?

Est-ce que l’information préalable avec l’énoncé clair de ces inévitables conséquences pour vouloir guérir du cancer amènerait une autre acceptation ? Cela aurait au moins le mérite de ne pas laisser le malade les découvrir seul comme c’est encore le cas la plupart du temps.


Les répercussions physiologiques seront d’autant plus dramatiques que le malade est jeune ; alors pourquoi pas un protocole de sortie de traitement à l’instar de celui d’avant  traitement ? Urologue, sexologue, psychologue pourraient former des intervenants capables de prendre ces hommes en charge, tant au moment de l’annonce et des soins que de cet ‘’après’’ qui semble sonner le glas d’une vie d’homme encore au fait de sa puissance virile. La femme a beau avoir les meilleures paroles de compréhension et de réconfort, les meilleures attentions, il est un passage ou l’homme se déconsidérera pour n’être plus à la hauteur de ce qu’il considère comme une obligation… sa puissance sexuelle. Surtout en pleine force physiologique.


Alors attention à l’incompréhension, réelle ou imaginée, à l’éloignement du couple par accumulation de frustration ou de culpabilité, symptômes et effets qui seront d’autant plus rapides et puissants que le couple avait déjà des problèmes de communication.

Il est aussi, heureusement, des couples capables de se cimenter sur de tels événements, par eux-mêmes ou en allant chercher du secours à l’extérieur. Rien n’est pire que le silence pour laisser ces situations s’envenimer. La parole a le mérite de s’obliger à se regarder différemment, à décortiquer les raisons du malaise, à prendre conscience des réelles priorités pouvant s’appuyer sur la satisfaction de se savoir à priori guéri.


Jean FRICHET

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